Tunis se visite vite. La médina, le musée du Bardo, un thé sur une terrasse, et l’envie de voir plus large arrive. À une vingtaine de kilomètres vers le nord-est, le littoral offre deux visages que tout oppose : Carthage, cité punique rasée par Rome puis rebâtie par elle, et Sidi Bou Saïd, village perché sur sa falaise, tout de chaux blanche et de menuiseries bleues. Deux jours suffisent pour les parcourir sans courir. Voici comment les organiser.
Rejoindre Carthage et Sidi Bou Saïd depuis Tunis
Oubliez la voiture. Le TGM (Tunis-Goulette-Marsa) part de Tunis Marine, traverse le lac de Tunis et longe la côte. Plusieurs gares portent le nom de Carthage (Salammbô, Byrsa, Dermech, Hannibal, Amilcar) avant celle de Sidi Bou Saïd, à une demi-heure environ du centre. Les rames passent souvent, sans réservation. Les vestiges de Carthage s’étirent sur plusieurs kilomètres : entre deux sites, on marche ou on prend un taxi. Il existe en principe un billet combiné pour plusieurs sites archéologiques ; renseignez-vous à la première entrée.
Jour 1 : Carthage, la ville qui a refusé de disparaître
Matin : la colline de Byrsa
Commencez par le point haut. Byrsa était l’acropole de la cité punique. Rome l’a arasée après la victoire de 146 av. J.-C., puis la colonie romaine a construit par-dessus. Sous la terrasse, les fouilles ont mis au jour un quartier punique : murs, ruelles, maisons serrées. Le panorama, lui, embrasse tout le golfe de Tunis. Sur la colline se dresse l’ancienne cathédrale Saint-Louis, achevée à la fin du XIXe siècle, devenue centre culturel. Son nom rappelle la mort de Louis IX en 1270, près de Tunis, pendant la huitième croisade. Juste à côté, le musée national de Carthage réunit stèles, mosaïques et objets puniques et romains. Vérifiez ses horaires avant de venir.
Après-midi : ports, thermes et théâtre
Redescendez vers la mer. Les ports puniques dessinent deux bassins : l’un rectangulaire pour le commerce, l’autre circulaire pour la flotte de guerre, avec son îlot central. Tout près, le tophet de Salammbô, sanctuaire punique et champ d’urnes, nourrit encore les débats des historiens. Puis les thermes d’Antonin, bâtis au IIe siècle face à la mer, parmi les plus vastes de l’Empire romain. Il reste surtout des soubassements et des colonnes, mais l’échelle impressionne. Finissez par le parc des villas romaines, où l’on marche sur des mosaïques, et par le théâtre romain restauré, qui accueille chaque été le Festival international de Carthage. L’ensemble du site est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979.
Jour 2 : Sidi Bou Saïd, le village bleu et blanc
Arrivez tôt. À neuf heures, les ruelles sont presque vides ; à midi, les cars de croisiéristes ont pris la place. Le village doit son nom à un saint soufi du XIIIe siècle, Abou Saïd el-Béji. Son allure actuelle doit beaucoup à Rodolphe d’Erlanger, peintre et musicien installé ici au début du XXe siècle, et à une protection par décret dès 1915.
Ruelles, portes et cafés
Grimpez la rue pavée principale, raide, bordée de boutiques et de cages à oiseaux décoratives. Regardez les portes cloutées, les moucharabiehs, les bougainvilliers qui débordent des murs. Photographiez, oui, mais levez aussi les yeux. Pause au café des Nattes : on s’y assoit sur des nattes, devant un thé aux pignons. Plus haut, le café des Délices offre sa terrasse sur le golfe. Au retour, achetez un bambalouni, beignet frit encore chaud, vendu dans le village.
Ennejma Ezzahra et le port
Le palais Ennejma Ezzahra, construit par d’Erlanger entre 1912 et 1922, abrite aujourd’hui le Centre des musiques arabes et méditerranéennes. Jardins, patio, décors : la visite vaut le détour, surtout si un concert est programmé. En contrebas, le port de plaisance clôt la journée, avec le coucher du soleil sur la baie.
Récapitulatif des étapes
| Étape | Ce qu’on y voit | Durée conseillée |
|---|---|---|
| Colline de Byrsa et musée | Quartier punique, cathédrale Saint-Louis, collections | 2 à 3 h |
| Ports puniques et tophet | Bassins marchand et militaire, sanctuaire | 1 h |
| Thermes d’Antonin | Vestiges des plus grands thermes romains d’Afrique | 1 h |
| Villas romaines et théâtre | Mosaïques, théâtre restauré | 1 h 30 |
| Sidi Bou Saïd | Ruelles, cafés, portes cloutées | 3 à 4 h |
| Ennejma Ezzahra | Palais, patio, jardins | 1 h |
Questions pratiques
Peut-on tout voir en une seule journée ?
En survol, oui. Carthage seule occupe une journée entière si l’on ne veut pas courir d’un site à l’autre, et Sidi Bou Saïd mérite une matinée et un après-midi tranquilles.
Quelle période choisir ?
Le printemps et l’automne, quand la chaleur reste supportable. L’été, les visites en plein soleil sont éprouvantes ; en contrepartie, le festival anime les soirées de Carthage.
Quelles chaussures prévoir ?
Des baskets. Les ruelles de Sidi Bou Saïd sont pavées et en pente, et les sites de Carthage ont des sols irréguliers.





