On connaît la silhouette de ces forteresses, rarement leur contenu. Derrière des murs bâtis pour tenir un siège, cinq châteaux insolites de France abritent aujourd’hui des collections qu’on n’attend pas : ivoires sculptés, masques d’Alaska, poupées anciennes, cires de deuil, harnais venus des cinq continents. De quoi nourrir un week-end, ou toute une route.
| Château | Département | Collection à ne pas manquer |
|---|---|---|
| Château-musée de Dieppe | Seine-Maritime | Ivoires sculptés |
| Château-musée de Boulogne-sur-Mer | Pas-de-Calais | Masques d’Alaska et vases grecs |
| Château fort de Lourdes | Hautes-Pyrénées | Musée pyrénéen |
| Château de Saumur | Maine-et-Loire | Harnachement et faïences |
| Château de Josselin | Morbihan | Poupées et jouets |
1. Dieppe : des ivoires au sommet de la falaise
Posé sur la falaise, le château-musée de Dieppe domine la plage de galets. Le château actuel a été élevé au XVe siècle sur le site d’une fortification plus ancienne, pour défendre la ville face aux menaces anglaises et flamandes. Il abrite le musée municipal depuis 1923.
Pendant plus de trois siècles, Dieppe a été le principal centre du travail de l’ivoire en France. Les salles conservent des ivoires sculptés dans les ateliers dieppois, présentés comme la plus grande collection française : médaillons, statuettes, pièces d’échecs, maquettes de navires. On y trouve aussi le salon du compositeur Camille Saint-Saëns, avec son piano Pleyel, et une salle d’estampes de Georges Braque.
2. Boulogne-sur-Mer : l’Alaska, l’Égypte et la Grèce dans un château du XIIIe siècle
Le château comtal de Boulogne-sur-Mer date du XIIIe siècle. Polygonal, sans donjon, il fut tour à tour forteresse, caserne puis prison, jusqu’en 1974. Avec les remparts, il forme l’un des derniers ensembles médiévaux de ville fortifiée encore intacts en France. Le musée s’y est installé en 1988.
Les collections surprennent. Une série de masques sugpiaq d’Alaska, issue notamment du fonds d’Alphonse Pinart, est présentée comme unique au monde. Viennent ensuite des antiquités égyptiennes et 476 vases grecs, la deuxième collection de céramiques grecques des musées de province en France. Parmi eux, l’amphore du Suicide d’Ajax, datée de 530 avant J.-C.
3. Lourdes : un musée des Pyrénées dans une forteresse
On vient à Lourdes pour les sanctuaires, rarement pour le château fort, perché sur son éperon rocheux au centre de la ville et présenté comme n’ayant jamais été conquis. Le musée pyrénéen y a ouvert en 1921, créé par Louis et Margalide Le Bondidier, deux Lorrains tombés amoureux de la montagne.
Ici, la collection raconte la vie quotidienne des vallées : matériel de pastoralisme, costumes, mobilier, pièces de bois sculpté appelées surjougs, une originale collection de cires de deuil et une centaine de faïences de Samadet. Au pied du donjon du XIVe siècle, un jardin botanique offre un temps de pause face à la ville. L’accès se fait par ascenseur.
4. Saumur : des harnais venus des cinq continents
Le château de Saumur surplombe la Loire. Forteresse royale, palais des ducs d’Anjou, résidence de gouverneurs, prison puis caserne : il a changé de visage plusieurs fois, et figure dans l’enluminure des Très Riches Heures du duc de Berry. Le musée municipal s’y est installé en 1912.
Deux fonds s’y côtoient. Les arts décoratifs d’abord, avec des tapisseries du XVe au XVIIIe siècle et l’une des plus belles collections de faïences de France. Puis le harnachement du cheval de selle, de l’Antiquité au début du XXe siècle : selles, mors, étriers, éperons, venus des cinq continents. Cette seconde collection a été confiée à la Ville en 1957 par la société des Amis du musée du cheval.
5. Josselin : des poupées dans les écuries d’une forteresse bretonne
Le château de Josselin, au bord de l’Oust, est une forteresse de granit élevée au XIVe siècle par le connétable Olivier de Clisson. Richelieu en a fait détruire une partie au XVIIe siècle. La famille de Rohan l’habite toujours.
Dans les anciennes écuries, un musée de poupées et de jouets. Au début des années 1980, Antoinette de Rohan a découvert dans le grenier du château la collection commencée à la fin du XIXe siècle par Herminie de Rohan. Elle a ouvert le musée en 1984 ; la plus ancienne poupée date du XVIIe siècle. Le château le présente comme la plus grande collection privée de poupées et de jouets de France.
Préparer sa visite
- Horaires : jours de fermeture et plages d’ouverture changent selon la saison. Vérifiez sur le site officiel de chaque lieu avant de partir.
- Itinéraires : Dieppe et Boulogne-sur-Mer s’enchaînent sur une même route vers le nord. Saumur et Josselin se rejoignent sur un parcours Loire-Bretagne. Lourdes demande un voyage à part.
- Accessibilité : le château de Lourdes n’est pas accessible en totalité aux personnes à mobilité réduite. Renseignez-vous sur le parcours adapté.





